Puritanisme

Au sens large, le terme « puritain » désigne toute personne ou groupe qui défend l’idéal d’une communauté religieuse « pure » c’est-à-dire exempte de compromis avec le monde ambiant. En ce sens, un puritain  existe dans la plupart des confessions chrétiennes et même, plus généralement, dans la plupart des religions et idéologies.

Au sens historique, les « puritains » sont les protestants anglais qui n’ont pu se résoudre au compromis anglican tel qu’il s’est affirmé sous le règne d’Elisabeth Ière, dans la seconde moitié du XVIe siècle. Ils sont partisans d’une Église d’Angleterre plus radicalement réformée, sur le modèle calviniste de Genève, où la Bible seule constituerait la norme en matière de liturgie, de morale, d’organisation ecclésiastique et politique.

L’opposition qu’ils rencontrèrent dans l’Église anglicane amena certains puritains à créer des communautés indépendantes, c’est-à-dire à prôner le séparatisme. En sorte qu’un puritanisme subsista dans l’Église anglicane et donna naissance au courant « évangélique » ou « Low Church », tandis qu’un autre puritanisme s’en sépara et se manifesta dans des confessions diverses, telles que les presbytériens, les congrégationalistes, les baptistes et les quakers. Ce courant séparatiste est également nommé « non-conformisme ».

Souvent persécutés, les puritains durent émigrer aux États-Unis où ils constituèrent des colonies ferventes, enthousiastes et très actives.

Le puritanisme  est un courant théologique, spirituel et ecclésial multiforme. Ses principaux traits sont les suivants :

  • la prééminence de la Bible, non seulement en matière de doctrine, mais aussi en matière de morale et d’organisation
  • la rigueur doctrinale et morale
  • l’idéal d’un christianisme simple, aussi proche que possible de l’Église apostolique
  • la compréhension de la vie chrétienne comme relation personnelle avec Dieu
  • l’insistance conjointe sur la conversion et la sanctification
  • la valorisation du laïcat
  • l’indépendance de l’Église à l’égard de l’autorité politique

Le puritanisme connut son heure de gloire à l’époque de Cromwell, au XVIIe siècle, lorsqu’il devint largement majoritaire au parlement et put entreprendre des réformes qui tendaient à constituer une nation chrétienne. Mais les divisions entre les diverses familles puritaines affaiblirent le mouvement et favorisèrent la restauration de la couronne d’Angleterre et de l’anglicanisme. Si l’idéal d’une nation chrétienne et réformée semble avoir disparu de nos jours, les principaux traits de l’esprit puritain se retrouvent dans de nombreuses Églises protestantes.