Mennonisme

Le Mennonisme est le descendant direct de l’anabaptisme pacifique du XVIe siècle. Cette dénomination doit son nom à un de ses principaux pasteurs et théologiens, Menno Simons (1490- 1561). Celui-ci, prêtre hollandais, avait commencé à étudier les Écritures et certains livres de Luther quand, en 1531, il fut vivement frappé par la décapitation d’un chrétien qui s’était fait rebaptiser. Cet événement l’incita à s’interroger sur la signification du baptême. Il se fit lui- même rebaptiser et adhéra à l’anabaptisme pacifique. Dès 1536, il eut un ministère de pasteur, de fondateur de communautés et de théologien en Hollande et en Allemagne. Sa pensée, exposée en de nombreux traités, marqua profondément l’anabaptisme pacifique qui, dès lors, se nomma volontiers « mennisme », puis « mennonisme » .

Le mouvement le mennonite peut être caractérisé par quatre traits principaux :

  • une forte insistance sur la conversion personnelle comme condition d’accès au baptême : celui-ci apparaît comme le signe extérieur d’un engagement conscient et volontaire au service de Dieu ;
  • la justification par la foi, mais aussi une grande attention à l’exigence de sainteté. Cette exigence, qui qualifie chaque croyant, qualifie également la communauté chrétienne, d’où la pratique de l’excommunication, sur la base de la parole de Jésus en Mt 18,15-18
  • le refus de toute violence et vengeance, le refus de la guerre et du service armé (objection de conscience), le refus de la magistrature et du serment. Dans chacun de ces cas, le chrétien ne peut consentir aux usages du monde profane, mais doit vivre selon l’éthique du « sermon sur la montagne » ;
  • une ecclésiologie nettement congrégationaliste.

Le mouvement mennonite comporte diverses branches, certaines plus rigoristes que d’autres (c’est le cas des huttérites et des amishes). Il comporte également divers courants théologiques : la plupart des mennonites s’apparentent au protestantisme fondamentaliste par leur grand attachement à la Bible, mais d’autres se révèlent proches du libéralisme. On estime que l’ensemble des groupes mennonites du monde compte entre 600 000 et 650 000 croyants.