Luthéranisme

Le luthéranisme est la forme de protestantisme qui est née sous l’inspiration immédiate de la Réformation déclenchée au XVIe siècle par Martin Luther. Le mot « luthéranisme » recouvre donc à la fois une doctrine, une spiritualité et un ensemble d’Églises. Il a pris un visage spécifique dans quelques textes symboliques : la Confession d’Augsbourg (1530) et l’Apologie (1530), rédigées par Melanchthon, les deux Catéchismes (1529) et les Articles de Smalkalde (1537), œuvres de Luther, enfin la Formule de Concorde (1577). Jusqu’à nos jours, ces six formulaires de foi gardent valeur de référence privilégiée dans le luthéranisme.

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Présentation par les gouvernements luthériens de la Confession d’Augsbourg, écrite par Melanchthon en consertation avec Luther
à la Diète d’Augsbourg le 25 Juin 1530

Au plan doctrinal, le luthéranisme reste étroitement apparenté au christianisme historique, dont il reprend les grands « symboles » des premiers siècles, mais il se caractérise par certaines insistances :

1. Un sens aigu de la misère et de la perdition de l’homme.

2. La compréhension de l’Évangile comme annonce de la grâce de Dieu en Jésus Christ.

3. La foi-confiance comme accueil personnel du message du salut.

4. La distinction entre Loi et Évangile ou, au niveau humain, entre les œuvres et la foi : les œuvres humaines ne « méritent » jamais le salut, mais le salut étant reçu par la foi, les œuvres suivent nécessairement comme les fruits de la foi.

5. La prééminence de l’Écriture par rapport à la tradition et à la conscience individuelle.

6. Mais aussi la conviction que l’Écriture comporte un centre, à partir duquel elle doit être comprise : le Christ et son œuvre de salut.

7. Une certaine compréhension de l’incarnation du Christ, sans cesse actualisée dans la prédication de la Parole et les sacrements : d’où une valorisation du culte communautaire.

8. Par contre, les formes que revêtent ce culte et les structures ecclésiastiques ne font pas partie de l’essence du christianisme.

9. la distinction entre l’Eglise « spirituelle » ou « invisible » qui a pour centre le Christ et pour moyens d’expression la Parole et les sacrements, et l’Eglise « corporelle » ou « visible », c’est-à-dire la chrétienté historique et sociologique.

10. La valorisation de l’œuvre créatrice et de ses « ordres », qui structurent la vie en ce monde: la famille, la profession, l’état et la société religieuse.

11. La doctrine des deux règnes, qui distingue avec soin les prérogatives de l’Etat et celles de l’Eglise et qui a souvent conduit le fidèle à une attitude de soumission passive à l’égard des autorités politiques.