Enseignement

Lire et écrire pour être libre

  • Le système scolaire

Au Moyen-âge, les écoles dépendaient le plus souvent des paroisses et des couvents.
Les États passés à la Réforme délèguent la responsabilité scolaire aux autorités politiques: les Princes et les magistrats.

La Réforme pose les bases du droit au savoir pour tout homme. Dès lors, les enfants, garçons et filles, bénéficient d’un enseignement élémentaire public et surtout gratuit. Partout en Europe, de nouvelles écoles paraissent dans le sillage de la Réforme ainsi que des catéchismes.

  • Une stratégie double pour un projet éducatif

Le projet éducatif de la Réforme a pour base la lecture de la Bible pour éclairer la foi des fidèles et vérifier toutes les affirmations en matière de foi. Il dérive du principe du sacerdoce universel: chaque chrétien doit, dans la mesure de ses dons, propager la vérité évangélique en se référant uniquement à la Bible.
Une stratégie double: le rôle de la famille et le rôle de l’école.

  • Luther, Melanchthon, Zwingli, Calvin et Farel insistent sur l’importance capitale que revêt l’éducation de la famille pour l’avenir de l’Église et pour la société toute entière. C’est de la responsabilité des parents de faire de leurs enfants des chrétiens instruits.
  • L’éducation domestique est complétée par celle de l’école. Dans ses sermons, Luther rappelle aux parents le devoir d’envoyer les enfants à l’école. De même qu’il élève la vocation du maître d’école à la hauteur d’un sacerdoce.

Ce souci d’éducation est très présent dans le courant humaniste dans lequel ont baigné les réformateurs.

  • Quelques exemples:

Dans les cités passées à la Réforme se développent de nouvelles structures qui correspondent plus ou moins à l’enseignement secondaire.

  • À Strasbourg, Martin Bucer contribue à la création du premier gymnase dont l’humaniste Jean Sturm, fera un centre renommé.
  • Melanchthon, ami de Luther, est aussi appelé professeur de l’Allemagne. Son but: la scolarité obligatoire pour tous. Il fonde la Haute École, sorte d’étape intermédiaire entre l’école primaire et l’université. On y enseigne la rhétorique et la dialectique, la littérature latine, les mathématiques et le grec. Il rédige également de nombreux manuels scolaires qui furent largement diffusés.
  • Dès son passage à la Réforme, la ville de Genève rend l’instruction publique obligatoire et gratuite. En 1559, Calvin y fonde également l’Académie qui formera bien des pasteurs français aux 16ème et 17èmel’Académie. siècles. Son premier recteur est l’humaniste français Théodore de Bèze qui contribue à la réputation internationale de l’Académie.

Dans nos contrées :

  • Création à Gand, en 1578, de l’Académie réformée: hébreu, grec, latin, dialectique et exégèse sont au programme. En 1584, la prise de la ville par Alexandre Farnèse provoquera la fermeture.

En Belgique, l’article 17 (nouveau 24) de la Constitution énonce la liberté de l’enseignement. Mais les guerres scolaires surtout de 1879 à 1884 et de 1954 à 1958 sur l’enseignement organisé par les pouvoirs publics font rage. Finalement, l’obligation scolaire votée en mai 1914, ne sera effective qu’en 1919. Pendant le XIXme siècle, les Eglises protestantes fournissent un effort considérable en créant une cinquantaine d’écoles primaires dans tout le pays.

  • Signalons l’existence d’une école secondaire protestante de 1920 à 1932 Les Marronniers, dont les initiateurs accordaient la priorité à la formation de caractères sans négliger l’acquisition des connaissances. Le professeur Isabelle Blume-Grégoire y pratiquait une pédagogie active : la géographie sur le terrain et le littérature au théâtre.

Aujourd’hui, des cours de philosophiques (religion ou morale) sont  obligatoires dans le réseau officiel de la première primaire à la sixième secondaire. L’élève peut choisir entre les différents cultes reconnus par l’État belge, qui exerce un contrôle sur le contenu de ces cours dont l’objectif principal vise à éduquer à la citoyenneté démocratique. Parallèlement fleurissent depuis peu des écoles confessionnelles de tendance évangélique.

  • Dans le cadre paroissial

Pour l’éducation à la foi, les réformateurs ont développé des outils spécifiques pour enfants et adultes appelés catéchismes. Si au départ, ces matières étaient enseignées dans les écoles, selon les lois plus ou moins strictes de séparation de l’Église et de l’État, ces cours confessionnels auront progressivement lieu en dehors. Avec le Réveil, on voit se développer des écoles du dimanche qui, avant ou pendant le culte, par l’intermédiaire de moniteurs, tentent de poser les bases bibliques nécessaires à la vie du croyant.