Églises réformées

Le terme « réformé » est parfois employé fautivement pour qualifier ce qui est issu de l’ensemble de la Réforme protestante ; or, comme le mot allemand reformiert, il concerne la seconde branche de la Réforme, distinguée de la branche luthérienne. Constituent la famille « réformée » les Églises issues de la Réforme de Zwingli, mais aussi de Calvin (à qui l’on associe Farel, Viret) et de leurs successeurs. Différences avec la tradition luthérienne : Dans le domaine du culte et de l’ecclésiologie, sont surtout importantes sur la façon de comprendre le mode de présence du Christ dans le sacrement de communion (mais elles renvoient à des différences dans la manière de comprendre le rapport des « deux natures », divine et humaine, dans la personne du Christ) : Luther professe une présence réelle et corporelle, Zwingli une présence signifiée ou représentée, Calvin (après Bucer) espère réunir ces opinions ; selon lui, cette présence est réelle et spirituelle. Il aboutit à un accord avec les zwingliens (Consensus Tigurinus, 1549), mais non avec les luthériens, alors opposés aux « sacramentaires » (la Concorde de Leuenberg, en 1973, permettra un accord entre Églises réformées, luthériennes et unies, par delà certains durcissements historiques).

L’Église de Genève, telle que Calvin l’organisa, devint l’Église-modèle de la famille réformée. On s’inspirera de sa Confession de foi, de son Catéchisme, de sa discipline, de la forme du culte, très dépouillé, avec chant des Psaumes, prédication centrale, célébration de la sainte cène seulement quatre fois l’an (contrairement à ce que désirait Calvin, qui souhaitait une célébration de la cène beaucoup plus fréquente, mais selon la décision du Magistrat comme le voulaient les autorités de Berne dans les territoires voisins), du « consistoire » (conseil presbytéral) : ministère des anciens à côté de celui des pasteurs, sans hiérarchie.
De là naîtra le système presbytéro- synodal : l’autorité est exercée par les synodes provinciaux ou nationaux où les laïcs sont majoritaires ou à égalité avec les pasteurs.

Les Églises réformées ou presbytériennes (appellation dominante dans les pays anglo-saxons) se fixèrent d’abord surtout en France, en Suisse, aux Pays-Bas, en Écosse, au Palatinat, en Europe centraIe : Pologne, Hongrie.

Elles connurent, particulièrement à partir du XIXe siècle, des tendances dites évangéliques, parfois internes ou provoquant d’autres fois des scissions (avec, selon les cas, restauration ultérieure d’unité).

C’est sur ce modèle que fonctionne la quasi totalité des paroisses de l’EPUB.