Églises luthériennes

La foi des Églises luthériennes, filles aînées de la Réforme, est d’abord et fondamentalement celle exprimée dans les trois Symboles de l’Église ancienne, communs à toutes les confessions chrétiennes. Mais leur doctrine, pour l’essentiel, se trouve résumée dans sept Écrits qui ont autorité et valeur normative : le Petit et le Grand Catéchisme (I529) de Martin Luther, la Confession d’Augsbourg (I530), l’Apologie de la Confession d’Augsbourg (1532), le Traité sur le pouvoir et la primauté du pape (1537) de Philipp Melanchthon, les Articles de Smalkade (1537-1538) et la Formule de Concorde (I577-1580). De ce fait, ces Églises ont souvent adopté la dénomination d’« évangéliques luthériennes » quand elles n’ont pas gardé, dans leur nom, la référence à la Confession d’Augsbourg.
Elles se savent à part entière Église de Jésus-Christ et s’inscrivent dans la continuité de son histoire : c’est pourquoi elles ont conservé, d’une manière générale, davantage de la tradition que d’autres Églises protestantes (importance de la vie sacramentelle, de la liturgie, etc.) et se sont souvent organisées selon le modèle épiscopalien synodal.

En France même, où pourtant les structures luthériennes ont été influencées par le calvinisme (au XIXe siècle surtout), le ministère d’unité et de vigilance est exercé par l’évêque, appelé « inspecteur ecclésiastique », tandis que le synode (assemblée élue des représentants des pasteurs et des laïcs) est souverain.

L’expansion des Églises s’est faite en trois temps :

1. Au XVIe siècle, elles se sont essentiellement développées en Allemagne et en Scandinavie (au Danemark, en Finlande, en Islande, en Norvège, en Suède, la proportion des luthériens varie entre 90 et 98 % de la population totale). Dans les autres pays d’Europe, la Réforme luthérienne est restée minoritaire (la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, l’Autriche, la France ou plus précisément l’Alsace-Moselle et le Pays de Montbéliard) ;

2. L’émigration allemande et scandinave vers l’Amérique du Nord et du Sud.

3. Le mouvement missionnaire des XIXe et XXe siècles qui permis l’établissement de nombreuses Églises luthériennes sur les continents africain et asiatique, ainsi qu’en Australie.

Pour la plupart regroupées au sein de la Fédération luthérienne mondiale, ces Églises participent à la recherche de l’unité des chrétiens. Plusieurs, en Europe, ont signé la Concorde de Leuenberg (1973) permettant la communion de chaire et d’autel avec d’autres Églises issues de la Réforme, et les dialogues luthéro- catholique et luthéro-anglican sont deux des plus prometteurs parmi les débats œcuméniques du début de ce siècle.

Pour aller plus loin : le site de la fédération Luthérienne mondiale