Confession des péchés

Dans son traité De la captivité babylonienne de l’Eglise de 1520 (MLO, II, 161-264), Luther s’attaque avec force à l’imposant édifice catholique de la pénitence, dont la conception lui apparaît totalement contraire au thème fondamental du salut par grâce. Il n’en demeure pas moins favorable à la pratique de la confession privée :

« Elle est utile, voire nécessaire, et je ne voudrais pas qu’elle ne fût pas » ; toutefois, sans la retirer absolument du cadre sacramentel, il précise qu’elle est dépourvue d’un signe visible divinement institué : en fait, elle n’est « pas autre chose qu’une voie vers le baptême, un retour au baptême ».

C’est probablement à cause de ces réserves que la pratique systématique de la confession / absolution est assez largement tombée en désuétude dans le protestantisme.

Sa restauration est revendiquée, à l’heure actuelle, tantôt au nom d’une fidélité plus marquée à la pensée de Luther, tantôt sous l’influence du dialogue œcuménique ; quoi qu’il en soit, on entend alors se prémunir contre les objections massives de sacerdotalisme et de sacramentalisme. Dans le cadre des communautés régulières (Taizé, Grandchamp, par exemple) et dans bien des retraites spirituelles, une place est normalement réservée à l’exercice d’un tel ministère ; on assiste d’autre part à un certain regain de la confession mutuelle dans la vie des groupes de tendance évangélique ou charismatique, dont plusieurs sont interconfessionnels.