Anabaptisme

Le terme « anabaptisme » a été appliqué à divers groupes de chrétiens qui ont participé au mouvement réformateur du XVIe siècle, mais en s’y singularisant par la critique du baptême des enfants et la pratique corrélative d’un re-baptême réservé aux convertis. Divers mouvements, que l’on peut caractériser ainsi :

• un courant révolutionnaire, dont le représentant le plus célèbre fut. Thomas Münzer, un des leaders de la révolte des paysans de 1525 ;

• un courant millénariste, auquel le nom de Melchior Hoffmann (1496-1553), prophète de la parousie, est attaché ;

• un courant communautaire et pacifiste, celui des « Frères de Zurich » et, très voisin, celui de Menno Simons : il donnera naissance au mennonisme ;

• un courant communiste, dont le représentant le plus connu est Jacob Hutter (? -1536) .

Caractéristiques

Volonté de s’en tenir strictement et exclusivement au message biblique

Conviction de la faillite de la chrétienté et de l’Église.

Critique des doctrines et pratiques sacramentelles que l’on jugeait entachées de « magisme » et d’idolâtrie. Le baptême compris comme signe et engagement de la foi.

Refus de s’en tenir à la “Justification sola fide” prêchée par Luther, pour valoriser la dimension éthique de l’Évangile.

Volonté de distinguer avec soin, et même de séparer, la communauté chrétienne du monde politique, c’est-à-dire de se désolidariser de l’« alliance constantinienne » entre l’Église et les pouvoirs. Beaucoup d’anabaptistes refusèrent le métier des armes, le serment, les charges publiques et tout rapport avec l’état. L’Église, communauté des saints, apparaissait en même temps comme contre-société.

Pour plusieurs groupe, une place importante accordée à l’Esprit Saint qui renouvelle le croyant et le guide par sa parole « intérieure » .

De nos jours, l’héritage anabaptiste se retrouve dans le mennonisme, mais il a également fécondé dans une large mesure le baptisme.