Les principautés de Liège et de Stavelot-Malmedy

La situation de l’Église romaine n’y était pas essentiellement différente de celle du reste de l’Europe. Pourtant la principauté de Liège avait le renom d’être un pays heureux et admirable, de sorte qu’il était appelé proverbialement le “paradis des prêtres”.

Les doctrines de la Réforme y furent introduites par des marchands et des étudiants, qui diffusèrent les livres luthériens. Aussi le prince-évêque Érard de la Marck fit publier un édit dès le 15 octobre 1520 et intensifia l’inquisition. Ferme soutien de Charles-Quint, il voulut faire appliquer l’édit de Worms, mais rencontra l’opposition des États du pays, qui ne cédèrent qu’en 1527, tout en maintenant leurs privilèges de “non-apprèhensibilité” et d’être jugés par “Loi et Franchise”, c’est-à-dire par leur propre tribunal. En conséquence, les exécutions capitales furent peu nombreuses.

État de l’Empire, Liège dut se soumettre à la Paix d’Augsbourg de 1555, qui protégeait au moins les luthériens, et dès cette époque des conventicules ou assemblées sont signalés, mais il ne semble pas qu’il y ait eu la formation d’Églises réformées organisées. Au cours du règne de Gérard de Groesbeeck (1565-1580), les troubles aux Pays-Bas eurent des répercussions dans la principauté, ce qui provoqua une recrudescence des exécutions. Sous ses successeurs, les protestants se firent plus discrets, et, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, des réformés, plus ou moins tolérés. continuèrent à résider dans le pays de Liège –

La principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy, indépendante au début du XVIe siècle, fut rattachée à Liège, lorsque les deux sièges ecclésiastiques furent occupés en 1575 par Gérard de Groesbeeck. Les doctrines de la Réforme y avaient pénétré très tôt, aussi de 1537 à 1638, les princes-abbés promulguèrent de nombreux édits contre les réformés, les condamnant à l’exil, tandis que les anabaptistes étaient mis à mort. Cette répression amena l’extinction totale du protestantisme dans la principauté de Stavelot-Malmedy.