Histoire de l’Église avant la Réforme

Si le protestantisme trouve son origine spécifique dans la réforme religieuse qui fut entreprise au XVIe siècle par Luther, Mélanchthon, Zwingli, Farel, Calvin, Hubmayer, Meno et d’autres, rappelons que l’histoire du christianisme se déroule depuis 15 siècles à partir des premiers chrétiens dont nous parlent les Actes des Apôtres dans le Nouveau Testament (deuxième partie de la Bible)  :

En ce jour-là, le nombre des disciples augmenta d’environ trois mille âmes … Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun.

Actes – chap 2 -versets 41 et 44

Cette longue histoire des disciples de Jésus-Christ (lui-même issu du judaïsme et annoncé par les prophètes d’Israël) est jalonnée de persécutions, mais aussi de divisions (hérésies des 4e et 5e siècles, rupture entre l’Église romaine et l’Église orthodoxe au XIe siècle) comme de grandes avancées dans les domaines intellectuel, social, artistique, … La Réforme inaugure dans l’histoire du christianisme “une autre voie”, comme l’exprime Pierre Chaunu, historien français contemporain qui poursuit :

La Réforme ne peut être assimilée à une hérésie. L’Augustana (25 juin 1530), – c’est-à-dire la confession de foi luthérienne – et Calvin sont du côté de l’orthodoxie des grands conciles, de Nicée à Chalcédoine, contre les hérésiarques des premiers siècles et de tous les siècles. À partir de ce tournant, nous avons dans l’Église deux manières de se rattacher à des origines communes, de vivre autrement la même continuité.

La réforme de l’Église catholique romaine “dans son chef et dans ses membres” était à l’ordre du jour depuis que trois conciles eussent tenté au cours du 15e siècle de remédier, mais en vain, à une situation dégradée tant au sein du clergé que des fidèles. Le 31 octobre 1517, Martin Luther, en affichant 95 thèses sur les indulgences, n’avait fait que polariser des tendances plus profondes et plus générales dans toute l’Europe (des moines avec l’accord du pape offraient contre de l’argent le pardon des fautes même les plus graves). La Réformation du 16e siècle a éclaté presque en même temps dans les principaux pays de l’Europe ; en moins de dix ans, elle avait envahi l’Allemagne, la Suisse, la France, l’Angleterre et la Belgique.

Au XVIe siècle, la Belgique était un carrefour de l’Europe. Elle faisait partie d’un ensemble de principautés qui avaient été rassemblées par les ducs de Bourgogne au siècle précédent. Celles-ci, sous le nom de “Dix-sept Provinces des Pays-Bas” couvraient les territoires actuels du Bénélux, du nord de la France et de l’ouest de l’Allemagne. Elles formaient le “Cercle de Bourgogne”, mais étaient séparées en deux blocs par la principauté de Liège, qui resta indépendante jusqu’en 1795.