Évangélisation et fusion d’Églises au XXe siècle

La première Guerre mondiale porta un rude coup d’arrêt à l’expansion du protestantisme en Belgique occupée. Pour les troupes au Front et dans les bases de l’arrière, une Aumônerie militaire protestante fut créée Après l’Armistice, les sections allemandes de quelques Églises furent supprimées, tandis que les communautés de cantons de l’Est (Eupen, Malmedy, Neu-Moresnet et Saint-Vith) étaient intégrées au Synode de l’Union de Églises

Au cours de l’Entre-deux-Guerres, trois organisations d’origine américaine s’implantèrent la Mission Évangélique Belge, de tendance évangélique (ou fondamentaliste), qui donna naissance à l’Association des Église Évangéliques Libres et à l’Institut Biblique Belge ; la Mission Méthodiste, de structure épiscopalienne, qui devint en 1930 la Conférence Belge des Églises Méthodistes, rattachée au diocèse de Genève, les Assemblées de Pentecôte, de caractère charismatique et qui insistent sur les dons visibles du Saint-Esprit (parler en langue, prophétie, etc.) se sont fédérées en Assemblées de Dieu en Belgique

Les anciennes Églises protestantes et réformées se regroupaient en 1923 dans la Fédération des Églises Protestantes et organisaient des cours de religion dans les écoles de l’État

La seconde Guerre mondiale fut un temps d’épreuves, marqué par les exécutions ou les déportations en Allemagne de pasteurs et de laïcs. Des protestants militèrent dans la Résistance et aidèrent des Juifs à échapper à leurs poursuivants nazis.

La paix retrouvée amena le retour de deux Églises : l’Église Évangélique Luthérienne Belge, reconnue par l’État en 1963, et les Églises Mennonites.

Il faut signaler ici que dés le début du siècle, l’Union des Églises et l’Église Missionnaire avaient entrepris des actions conjointes en créant la Société d’Histoire du Protestantisme Belge (Société Royale depuis 1990), l’Institution des Diaconesses et la Société Belge des Missions Protestantes. En 1950, en commun avec les méthodistes, elles fondèrent la Faculté Universitaire de Théologie Protestante à Bruxelles. En 1957, l’Union des Églises se transformait en Église Évangélique Protestante de Belgique (46 Églises locales), incorporait l’association “Silo” (Stads- en Landsevangelisatie Vereeniging-Silo), puis s’unissait en 1969 à la Conférence Belge des Églises Méthodistes (16 Églises locales) pour former l’Église Protestante de Belgique (EPB). De son côté, l’Église Missionnaire adoptait le titre d’Église Réformée de Belgique (ERB). Les pourparlers de ces deux Églises EPB et ERB avec la “classe” (ou district) belge des “Gereformeerde Kerken” aboutit le 1er janvier 1979 à la constitution de l’Église Protestante Unie de Belgique-Verenigde Protestantse Kerk in Belgïe – EPUB-VPKB) qui représente aujourd’hui un des deux courants importants du protestantisme belge avec quelque 35 à 40 000 fidèles. Par ailleurs, des communautés de la mouvance évangélique ou fondamentaliste se regroupèrent dans deux organismes de concertation : la “Evangelische Alliantie Vlaanderen” et la “Fédération Évangélique Francophone de Belgique” (en 1989) ; ce courant regroupe de 40 à 45 000 fidèles.