Questions / Réponses
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- Q :Un membre d'une église protestante peut-il pratiquer un baptème en accord avec le pasteur de celle-ci ou faut-il une dérogation ?R :
En général il est d'usage dans l'EPUB, dans le cadre de la pratique des sacrements en l'absence de pasteur (baptême et Sainte Cène pour les protestants) de demander une 'délégation pastorale' auprès de l'autorité régionale. Cette 'délégation pastorale' n'est donnée, en principe, qu'à un membre du consistoire ou à un prédicateur laïc.
Dans la plupart des paroisses évangéliques, c'est au sein du consistoire qu'est décidé qui célébrera la Cène ou éventuellement le baptême, en l'absence du pasteur.
- Q :Peut-on se servir de toute la bible pour prier?R :
Question pertinente !
En guise de réponse, nous vous proposons ci-dessous une citation du théologien allemand Dietrich BONHOEFFER qui nous parle des Psaumes. Nous ajouterons qu'il y a bien des prières tant dans l'Ancien testament que dans le Nouveau. Dans ce dernier, il y a la fameuse prière que nous enseigne le Christ : Le Notre Père...
"De prime abord, c’est une chose très surprenante qu’il y ait un recueil de prières dans la Bible. N’est-elle pas, en effet, une parole que Dieu nous adresse ? Les prières, elles, sont des paroles humaines. Comment se trouvent-elles donc ici ? La Bible est parole de Dieu, même dans les Psaumes ; les prières adressées à Dieu sont-elles donc, elles aussi, parole de Dieu ? Cela nous semble difficile à comprendre. Nous ne le saisissons qu’en pensant que Jésus-Christ seul peut nous apprendre à prier correctement et que, par conséquent, la prière est la parole que le Fils de Dieu, vivant avec nous, les hommes, adresse à Dieu le Père qui vit dans l’éternité. Jésus-Christ a porté devant Dieu toute la détresse, toute la joie, toute la gratitude et toute l’espérance des hommes. Sur ses lèvres, la parole de l’homme devient parole de Dieu et, quand nous faisons nôtre sa prière, la parole de Dieu devient à son tour parole de l’homme. Ainsi toutes les prières de la Bible sont des prières que nous faisons en même temps que Jésus-Christ et avec lui, auxquelles il nous associe et grâce auxquelles il nous porte devant la face de Dieu ; sinon, ce ne sont pas d’authentiques prières, car on ne peut prier vraiment que dans et avec Jésus-Christ.
Dietrich BONHOEFFER, Bible, ma prière, Desclée de Brouwer, p. 57-58. - Q :Je souhaiterais effectuer une bénédiction de mon mariage ailleurs que dans une église. Est ce possible ?R :Le mariage n'est pas un sacrement pour les protestants mais la bénédiction d'une union est un acte communautaire. Les mariés viennent affirmer leur amour et sont bénis devant les membres d'une communauté. En pratique, si les époux sont éloignés de l'Eglise ou n'ont pas de paroisse attitrée, il leur est demandé de rencontrer le pasteur de la paroisse de leur choix afin de préparer la célébration qui, généralement, se déroule dans le temple. Il est possible de procéder à la bénédiction nuptiale dans une salle neutre ou même en plein air. Mais de toute manière, cet acte ecclésiastique suppose la présence de membres de la communauté sollicitée à travers le pasteur.
- Q :Peut on prendre part à la Sainte Cène quand on est divorcé(e) ?R :
Chez les protestants, le mariage n'étant pas un sacrement (voir la question "Quels sont les sacrements du culte protestant ?") le fait d'être célibataire, marié(e), veuf(ve) ou divorcé(e) n'est pas un obstacle pour participer à la Sainte Cène. C'est à chacun, en son âme et conscience devant Dieu, de décider s'il participe au repas du Seigneur.
En général, les églises protestantes n'exercent pas de contrôle autour de ce mémorial et ne posent pas d'interdit sauf dans le cas de conduite indigne connue notoirement qui pourrait porter atteinte à la qualité de la communion fraternelle et à l'unité de la communauté locale.
- Q :Quelles sont les principales différences entre une église protestante et une église catholique?R :Ce qui distingue une église protestante d'une église catholique peut être résumé de la façon suivante :
- les églises protestantes ont souvent une place plus discrète dans les villes belges.
- les églises protestantes sont des bâtiments relativement sobres, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Ils sont peu décorés, ne contiennent pas de statues de saints ou autres, pas de bougies, de confessionnal et ont très rarement un clocher (sauf s’ils sont situés dans une ancienne église catholique). Ces églises sont parfois même placés dans des bâtiments qui n'étaient pas un lieu de culte à l'origine (ex. garage aménagé). Cette sobriété est probablement la principale différence avec une église catholique.
- une église protestante possède, en place centrale, une table de communion sur laquelle est posée une Bible ouverte. Elle comporte parfois un baptistère, et dans certaines églises plus anciennes il y a encore une chaire, mais la plupart du temps, le prédicateur (pasteur ou même laïc) parle derrière un lutrin.
A titre d'illustration, voici le lien vers la vidéo d'un culte de noël, dans laquelle une rapide présentation est faite de l'église de Dour. - Q :Où puis-je trouver la confession de foi des Eglises belges (confessio belgica) ?R :
Voici un lien vers la transcription de la Confesio Belgica :
- Q :Quel est le nombre de paroisses protestantes en Belgique ?R :
Le Conseil administratif du culte protestant et évangélique (CACPE) dénombre 702 paroisses au total (chiffre de novembre 2010).
Elles se répartissent comme suit :
- Eglise Protestante Unie de Belgique et églises partenaires : 204 (109 EPUB et 95 partenaires).
- Synode fédéral des églises protestantes et évangéliques : 498 (soit environ 33000 membres).
- Q :Quelles études doit-on entreprendre pour être pasteur(e) ?R :En ce qui concerne l’Eglise Protestante Unie de Belgique (EPUB), à minima une licence en théologie souvent complétée par un doctorat.
Pour une partie des églises évangéliques, un graduat en sciences religieuses est requis, mais il arrive souvent que les églises locales fassent appel à des personnes sans formation théologique. - Q :Les femmes ont-elles accès au ministère pastoral ?R :OUI sans aucun doute pour l’EPUB. C’est possible aussi pour une minorité d’églises évangéliques en Belgique.
- Q :Quels sont les traits de caractère nécessaires pour être pasteur(e) ?R :Patient, relationnel, bon écoutant évitant les attitudes de jugement et si possible doué pour enseigner (bonne pédagogie nécessaire).
- Q :Les pasteur(e)s font-ils vœux de chasteté comme les prêtres ?R :NON, les pasteur(e)s peuvent avoir une vocation de célibat pour servir le Christ, mais ce n’est en rien une obligation. La plupart sont mariés et expérimente une vie de famille comme leurs paroissiens.
- Q :En quoi se différencie le culte protestant d’une messe catholique ?R :Très brièvement : Des chants vivants (voire modernes), une prédication de 25’ (explication d’un texte biblique) ce qui revient à dire que les protestants mettent beaucoup l’accent sur la Bible, enfin une eucharistie « souvenir » et non sacrifice appelée couramment sainte Cène.
- Q :Quels sont les textes utilisés lors du culte ?R :Des textes liturgiques (de toutes les époques du christianisme) ; des chants appelés cantiques, les textes bibliques.
- Q :Quels sont les sacrements du culte protestant ?R :Les protestants ne reconnaissent que deux sacrements : le baptême et la sainte Cène. Se fondant sur la Parole de Dieu, les Réformateurs constatèrent que seuls ces deux rites avaient été institués par Jésus-Christ lui-même. Le baptême et la sainte Cène sont pratiqués par toutes les Églises protestantes sans exception, avec néanmoins une grande diversité dans la forme et le fond.
- Q :Quelles sont les obligations des pratiquants de la religion protestante ?R :Les protestants se distinguent par une grande liberté et une certaine méfiance des règles et des traditions. Il n’y a donc pas d’obligation comme telle. Chacun est libre.
- Q :Comment sont nées les Églises protestantes ?R :Le protestantisme est né au 16ème siècle d'un mouvement de réforme à l’intérieur même de l'Église catholique. Le refus de cet appel à la réforme par la hiérarchie catholique a poussé les « protestants » (protestataires) à se constituer en églises séparées.
- Q :Quelles sont les grandes différences entre protestantisme et catholicisme ?R :Le protestant ne reconnait l'autorité d'aucune hiérarchie issue d'une succession apostolique directe. Il récuse donc par conséquent l'autorité et l'infaillibilité d'un pape.
En général, ses leaders sont élus démocratiquement et gouvernent collectivement. Le protestant n’est soumis à aucun corps de doctrine imposé. Il est libre de se former des convictions personnelles à partir de sa compréhension de la Bible.
Il n’y a que deux sacrements : le baptême et la sainte Cène (Eucharistie), les seuls institués par le Christ.
Les pasteur(e)s ne sont pas des prêtres investis d'un pouvoir sacramentel. L’enseignement des protestants repose sur la seule Écriture Sainte (Sola Scriptura) à l'exclusion de toute doctrine ajoutée par la tradition et proclamée comme vérité à croire.
Le protestant ne pratique pas le culte des Saints. - Q :Pourquoi les protestants ne pratiquent pas le signe de croix ?R :Il faut tout d’abord observer que l’énoncé de cette question n’est pas tout à fait exact. En effet, des églises luthériennes ont conservé ou rétabli ce signe, parfois uniquement dans le geste liturgique du pasteur et parfois des fidèles eux-mêmes (surtout en Allemagne).
Souvent à tort, le protestant pense que c’est un signe appartenant à la tradition catholique romaine. Or le signe de croix est pratiqué par de nombreux chrétiens : orthodoxes, catholiques, anglicans, coptes, etc. Ce n'est donc pas un signe typiquement romain.
A l’origine, ce signe signifiait que le croyant se référait au Christ mort pour lui et se rappelait son baptême. Du temps des Réformateurs, ce signe avait perdu sa signification et était devenu un signe « protecteur ». C'est pour combattre ce type de superstition que Calvin et les réformés l'ont rejeté. - Q :Être protestant, c’est quoi ?R :C’est à minima adopter les positions suivantes :
- Rien n'est sacré, divin ou absolu en dehors de Dieu. La vigilance est de rigueur envers toute idéologie ou entreprise humaine prétendant revêtir un caractère absolu. Dieu est un Dieu de liberté qui appelle une libre réponse de la part de l'être humain, par conséquent les protestants sont favorables à un système social qui respecte la pluralité et la liberté des consciences.
- La valeur d'une personne ne dépend ni de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social, mais de l'amour gratuit de Dieu qui confère à chaque être humain un prix inestimable. L'Homme n'a donc pas à mériter son salut en essayant de plaire à Dieu. Dieu lui fait grâce, sans condition. Cet amour gratuit de Dieu rend l'Homme apte, à son tour, à aimer ses semblables, gratuitement.
- La foi naît de la rencontre personnelle avec Dieu. Elle n’est pas le fruit d’une volonté personnelle ni d’un dogmatisme. Cette rencontre avec Dieu peut surgir brusquement dans la vie d'un individu, mais le plus souvent, elle est l'issue d'un long processus spirituel, d’une quête parsemée de doutes et d'interrogations. La foi est offerte par Dieu, sans condition, gratuitement. Elle est reçue dans la liberté. Elle est la réponse humaine à la déclaration d'amour faite au travers de la Bonne nouvelle proclamée par Jésus-Christ.
- Les chrétiens protestants ne reconnaissent que la seule autorité de la Bible. Elle seule peut nourrir leur foi. Elle est la référence dernière en matière théologique, éthique, institutionnelle. A travers les témoignages humains qu'elle nous transmet, la Bible est la Parole de Dieu.
- Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines faillibles. En référence à l'Evangile, les Eglises doivent sans cesse porter un regard critique et réformateur sur leur propre fonctionnement.
- Parmi les principes les plus novateurs de la Réforme, le sacerdoce universel des croyants instaure une place identique, au sein de l'Eglise, à chaque baptisé. Pasteurs et laïcs se partagent le gouvernement de l'Eglise. Les pasteurs n'ont pas de statut à part dans l'Eglise. Ils assurent en général le service de la prédication et des sacrements, l'animation de la communauté locale, l'accompagnement, l'écoute et la formation théologique de ses membres. - Q :Comment fonctionne le financement du culte dans le protestantisme ?R :Historiquement et depuis de nombreuses années, les églises de l’EPUB sont financées par l’Etat belge : entretien des bâtiments ecclésiastiques et subsidiation du poste pastoral.
La mise en place du CACPE dans les années 2000 a ouvert cette même voie pour les églises évangéliques. Jusqu’à présent, très peu d’entre elles ont fait cette démarche. La plupart des communautés évangéliques s’autogèrent et les libéralités des fidèles sont importantes parce que, depuis la Réforme, les protestants ont un rapport à l’argent différent des catholiques. Pour un Protestant, l’argent n’est pas sale et il ne fait pas de la pauvreté une vertu. - Q :Les politiques belges connaissent-ils les églises évangéliques ?R :Pas réellement, car peu d’entre eux sont véritablement informés de ce qu’est le mouvement évangélique au sein du protestantisme. Et ils ne le sont certainement pas par l’intermédiaire des médias qui ne semblent ni très informés ni très objectifs. Les élus sont souvent très méfiants dès qu’une communauté locale prend une certaine importance numérique. La phobie des sectes rend nos élus très prudents.
- Q :Existe-t-il des phénomènes sectaires dans la mouvance évangélique ?R :Oui, comme dans toute entreprise humaine à caractère idéologique. Il est clair que certaines églises évangéliques ont des comportements sectaires, mais c’est plutôt une minorité. Il s’agit bien souvent d’églises indépendantes isolées, non rattachées à une dénomination structurée et n’appartenant pas au Synode fédéral des églises protestantes et évangéliques. Elles sont généralement conduites par des leaders exerçant une influence abusive sur les fidèles sur les plans spirituel, social et financier. L’individualisme protestant favorise ce type d’excès. Ceci étant, le dit Synode n’est pas indifférent à ces comportements, il intervient chaque fois que faire se peut car les évangéliques pratiquent malgré tout une certaine autodiscipline. Lorsqu’un leader développe une attitude sectaire inacceptable, il est inévitablement mis à l’écart du mouvement évangélique à plus ou moins long terme.
