Je veux savoir quel est la différence entre le protestantisme et le pencotisme? Le protestantisme et le christianisme? Le pencotisme et le christianisme?

Il faut savoir que le christianisme n’est pas une religion unifiée (comme c’est aussi le cas de la plupart des religions d’ailleurs). Il existe différents courants et tendances. Et chaque courant est divisé lui-même en divers courants et tendances, et ainsi de suite… Il est alors parfois bien difficile de s’y retrouver (particulièrement dans le protestantisme).

Le christianisme (issu de ce que l’on a fait de la prédication de Jésus) est aujourd’hui divisé en trois grands courants : le catholicisme romain (Église catholique : qui se réfère au pape comme chef spirituel), le protestantisme (qui n’est pas unifié et contient énormément d’Églises et courants différents), et l’orthodoxie (elle-même divisée en plusieurs Églises différentes – souvent des Églises nationales).

Le protestantisme est donc une forme de christianisme; les protestants sont des chrétiens comme les catholiques et les orthodoxes. Nous pouvons citer deux caractéristiques du protestantisme : la lecture de la Bible comme référence en matière de foi et d’éthique; et la liberté de conscience. Mais il existe d’autres caractéristiques (cf. nos rubriques du site). Ce qui distingue ces différents courants est souvent la manière dont la Bible est lue et reçue.
Le Pentecôtisme est une tendance du protestantisme; les pentecôtistes sont donc des chrétiens protestants comme peuvent l’être par exemple les protestants luthériens, les protestants réformés, les anglicans, et bien d’autres sous groupes encore…
Les pentecôtistes sont généralement de tendance évangélique (lecture plus de type fondamentaliste de la Bible). Mais ce qui les caractérise le plus est l’importance qu’ils accordent au Saint-Esprit; ils mettent l’accent sur le rôle du Saint-Esprit dans la vie du fidèle et des dons qu‘ il confère. (Cf pour plus de précision et en plus des rubriques de notre site ).

Existe-t-il des phénomènes sectaires dans la mouvance évangélique ?

Oui, comme dans toute entreprise humaine à caractère idéologique. Il est clair que certaines églises évangéliques ont des comportements sectaires, mais c’est plutôt une minorité. Il s’agit bien souvent d’églises indépendantes isolées, non rattachées à une dénomination structurée et n’appartenant pas au Synode fédéral des églises protestantes et évangéliques. Elles sont généralement conduites par des leaders exerçant  une influence abusive sur les fidèles sur les plans spirituel, social et financier. L’individualisme  protestant favorise ce type d’excès. Ceci étant, le dit Synode n’est pas indifférent à ces comportements, il intervient chaque fois que faire se peut car les évangéliques pratiquent malgré tout une certaine autodiscipline. Lorsqu’un leader développe une attitude sectaire inacceptable, il est inévitablement mis à l’écart du mouvement évangélique à plus ou moins long terme.

Les politiques belges connaissent-ils les Églises évangéliques ?

Pas réellement, car peu d’entre eux sont véritablement informés de ce qu’est le mouvement évangélique au sein du protestantisme. Et ils ne le sont certainement pas par l’intermédiaire des médias qui ne semblent ni très informés ni très objectifs. Les élus sont souvent très méfiants dès qu’une communauté locale prend une certaine importance numérique. La phobie des sectes rend nos élus très prudents.

Comment fonctionne le financement du culte dans le protestantisme ?

Historiquement et depuis de nombreuses années, les églises de l’EPUB sont financées par l’État belge : entretien des bâtiments ecclésiastiques et subsidiation du poste pastoral.
La mise en place du CACPE dans les années 2000 a ouvert cette même voie pour les églises évangéliques. Jusqu’à présent, très peu d’entre elles ont fait cette démarche.  La plupart des communautés évangéliques s’autogèrent et les libéralités des fidèles sont importantes parce que, depuis la Réforme, les protestants ont un rapport à l’argent différent des catholiques. Pour un Protestant, l’argent n’est pas sale et il ne fait pas de la pauvreté une vertu.

Être protestant, c’est quoi ?

C’est à minima adopter les positions suivantes :
–          Rien n’est sacré, divin ou absolu en dehors de Dieu. La vigilance est de rigueur envers toute idéologie ou entreprise humaine prétendant revêtir un caractère absolu. Dieu est un Dieu de liberté qui appelle une libre réponse de la part de l’être humain, par conséquent les protestants sont favorables à un système social qui respecte la pluralité et la liberté des consciences.
–          La valeur d’une personne ne dépend ni de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social, mais de l’amour gratuit de Dieu qui confère à chaque être humain un prix inestimable. L’Homme n’a donc pas à mériter son salut en essayant de plaire à Dieu. Dieu lui fait grâce, sans condition. Cet amour gratuit de Dieu rend l’Homme apte, à son tour, à aimer ses semblables, gratuitement.
–          La foi naît de la rencontre personnelle avec Dieu. Elle n’est pas le fruit d’une volonté personnelle ni d’un dogmatisme. Cette rencontre avec Dieu peut surgir brusquement dans la vie d’un individu, mais le plus souvent, elle est l’issue d’un long processus spirituel, d’une quête parsemée de doutes et d’interrogations. La foi est offerte par Dieu, sans condition, gratuitement. Elle est reçue dans la liberté. Elle est la réponse humaine à la déclaration d’amour faite au travers de la Bonne nouvelle proclamée par Jésus-Christ.
–          Les chrétiens protestants ne reconnaissent que la seule autorité de la Bible.  Elle seule peut nourrir leur foi. Elle est la référence dernière en matière théologique, éthique, institutionnelle. A travers les témoignages humains qu’elle nous transmet, la Bible est la Parole de Dieu.
–          Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines faillibles. En référence à l’Évangile, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique et réformateur sur leur propre  fonctionnement.
–          Parmi les principes les plus novateurs de la Réforme, le sacerdoce universel des croyants instaure une place identique, au sein de l’Église, à chaque baptisé. Pasteurs et laïcs se partagent le gouvernement de l’Église. Les pasteurs n’ont pas de statut à part dans l’Église. Ils assurent en général le service de la prédication et des sacrements, l’animation de la communauté locale, l’accompagnement, l’écoute et la formation théologique de ses membres.

Pourquoi les protestants ne pratiquent pas le signe de croix ?

Il faut tout d’abord observer que l’énoncé de cette question n’est pas tout à fait exact. En effet, des églises luthériennes ont conservé ou rétabli ce signe, parfois uniquement dans le geste liturgique du pasteur et parfois des fidèles eux-mêmes (surtout en Allemagne).
Souvent à tort, le protestant pense que c’est un signe appartenant à la tradition catholique romaine. Or le signe de croix est pratiqué par de nombreux chrétiens : orthodoxes, catholiques, anglicans, coptes, etc. Ce n’est donc pas un signe typiquement romain.
A l’origine, ce signe signifiait que le croyant se référait au Christ mort pour lui et se rappelait son baptême. Du temps des Réformateurs, ce signe avait perdu sa signification et était devenu un signe « protecteur ». C’est pour combattre ce type de superstition que Calvin et les réformés l’ont rejeté.

Quelles sont les grandes différences entre protestantisme et catholicisme ?

Le protestant ne reconnait l’autorité d’aucune hiérarchie issue d’une succession apostolique directe. Il récuse donc par conséquent l’autorité et l’infaillibilité d’un pape.
En général, ses leaders sont élus démocratiquement et gouvernent collectivement. Le protestant n’est soumis à aucun corps de doctrine imposé. Il est libre de se former des convictions personnelles à partir de sa compréhension de la Bible.
Il n’y a que deux sacrements : le baptême et la sainte Cène (Eucharistie), les seuls institués par le Christ.
Les pasteur(e)s ne sont pas des prêtres investis d’un pouvoir sacramentel. L’enseignement des protestants repose sur la seule Écriture Sainte (Sola Scriptura) à l’exclusion de toute doctrine ajoutée par la tradition et proclamée comme vérité à croire.
Le protestant ne pratique pas le culte des Saints.

Quels sont les sacrements du culte protestant ?

Les protestants ne reconnaissent que deux sacrements : le baptême et la sainte Cène. Se fondant sur la Parole de Dieu, les Réformateurs constatèrent que seuls ces deux rites avaient été institués par Jésus-Christ lui-même. Le baptême et la sainte Cène sont pratiqués par toutes les Églises protestantes sans exception, avec néanmoins une grande diversité dans la forme et le fond.